10/12/2025
Et si certaines de vos pensées n’étaient pas vraiment “vous”, mais simplement des phrases apprises, répétées, et devenues invisibles ? Ces mots, souvent anodins, agissent comme des pièges neuronaux : ils limitent vos choix, renforcent vos peurs, et maintiennent vos blocages. La bonne nouvelle ? Une fois identifiés, ils perdent leur pouvoir. Décryptage dans l'article.
Notre cerveau a un objectif premier : nous maintenir en sécurité.
Pour y parvenir, il adopte une politique simple : celle du moindre effort. Il automatise tout ce qu’il peut, crée des habitudes, des croyances, et des réactions « par défaut » pour économiser de l’énergie. Mais quand ces automatismes sont nourris par des mots mal choisis, ils deviennent des freins invisibles. Par exemple, dire « Je suis stressé·e » ou « J’ai des insomnies » revient à s’approprier un état comme une partie de soi. Résultat : le cerveau considère que ce stress ou ces insomnies font partie de votre identité… et aura d’autant plus de mal à les « lâcher ».
De même, « Il faut que… » génère une obligation, une pression, qui active des résistances. À l’inverse, « Je choisis de… » ouvre un espace de liberté et de possibilité.
Les mots ne sont pas neutres : ils programment votre cerveau pour la sécurité… ou pour le changement.
Le cerveau : un gardien de la sécurité avant tout
Votre cerveau a pour priorité absolue de vous protéger. Toute menace (réelle ou perçue) active des mécanismes de défense : stress, évitement, ou résistance.
Une autre de ses priorités est d'économiser de l’énergie : Pour éviter l’effort, il automatise. Les habitudes, même limitantes, sont des raccourcis rassurants. « Je suis comme ça » ou « C’est toujours comme ça » sont des phrases qui verrouillent ces automatismes.
Exemple : « Je suis anxieux·se » devient une identité. Le cerveau va alors chercher des preuves pour confirmer cette croyance, et rejeter ce qui la contredit.→
-> Conséquence : Les mots qui décrivent un problème comme permanent ou inévitable renforcent son emprise.

Les phrases-pièges : quand le langage renforce les blocages
Voici des formulations courantes qui piègent, et comment les transformer :
| Phrase-piège | Pourquoi ça bloque | Alternative |
| « Je suis stressé·e » | Le cerveau l’interprète comme une identité | « Je ressens du stress en ce moment. » |
| « Il faut que je… » | Crée une obligation, donc une résistance | « Je choisis de… » |
| « Je n’y arrive jamais » | Généralisation = preuve pour le cerveau | « Cette fois, c’est difficile. » |
| « Je dois changer » | Pression = peur de l’échec | « J’explore de nouvelles façons de faire. » |
| « Mon mal au dos » | Appropriation de la douleur | « En ce moment, mon dos me signale une tension / un inconfort. » |
Pourquoi ça marche : Les alternatives désidentifient (ce n’est pas vous, c’est un état temporaire) et ouvrent des possibilités (choix, exploration).

La science derrière les mots
Applications pratiques : rééduquer son langage
Voici quelques astuces pour rééduquer votre façon de parler :
« Je suis en burnout » → « Je traverse un épisode de burnout. »
« J’ai peur de l’échec » → « Je remarque une appréhension face à l’inconnu. »
« Je dois faire du sport » → « Je choisis de bouger pour me sentir mieux. »
« Il faut que je réussisse » → « J’ai envie de progresser à mon rythme. »
Conclusion : Devenir l’auteur de ses mots
Votre cerveau n’est pas votre ennemi : il suit simplement les instructions que vous lui donnez, souvent sans en avoir conscience. En choisissant vos mots, vous reprogrammez ses automatismes. Le changement ne commence pas par la volonté, mais par le langage.
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